Une posture managériale en pleine mutation !

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Une posture managériale en pleine mutation !



Au cours de la dernière décennie, d’importantes mutations économiques, technologiques, et plus largement sociétales, ont profondément affecté notre rapport au travail. La prise en compte de ces évolutions au sein de l’entreprise implique une transformation de la posture managériale. Les cadres dirigeants doivent notamment intégrer la difficulté des prises de décisions, dans un environnement devenu complexe et incertain. Le monde VUCA (acronyme de Volatility, Uncertainty, Complexity, Ambiguity) exige du manager une acuité et une lucidité accrues. A cela s’ajoute la nécessaire prise en compte de l’esprit « start-up », qui n’est certes pas la norme, mais a essaimé dans l’ensemble du tissu économique, exerçant un fort pouvoir d’attraction sur les jeunes diplômés. Le manager moderne ne peut en aucun cas se frapper de cécité volontaire, en ignorant ces évolutions qui induisent de nouvelles méthodes de gestion des salariés. Une approche nouvelle, empreinte de bienveillance et de pragmatisme, visera un double objectif : (1) rendre l’entreprise plus réactive, dans un monde numérique où tout s’accélère, (2) et contribuer au bien-être des salariés sur leur lieu de travail.

L’art de réveiller les énergies !

Libérer l’énergie créatrice des salariés est un enjeu stratégique pour toute entreprise en quête de développement. Cela suppose l’avènement de nouvelles méthodes de management, qui font la part belle à l’esprit d’initiative. Chaque acteur de l’entreprise, quel que soit son rang, doit se sentir libre d’agir en prenant ses propres décisions. Cette liberté octroyée à l’ensemble des collaborateurs est un gage de réussite collective.

Quand autrui devient ma première source de richesse

Les méthodes de management traditionnelles privilégiaient une conception verticale de l’entreprise, dans laquelle les idées nées au sommet de la pyramide essaimaient en direction de la base. Rien n’est plus faux !  Aucun manager, si brillant soit-il, ne peut se prévaloir du monopole des idées. Apprendre à regarder autrui comme une source d’inspiration est la clé de la réussite collective. Chaque collaborateur, quelle que soit sa position dans l’organigramme, est porteur de son propre univers, dont l’entreprise doit savoir tirer profit. En libérant la circulation des propositions depuis la base vers le sommet, on favorise le jaillissement des idées nouvelles. L’esprit d’innovation devient alors une valeur centrale de l’entreprise. L’immobilisme recule, et le changement, loin d’effrayer, est perçu comme une opportunité de progrès ! En s’ouvrant aux suggestions des salariés dits subalternes, le manager multiplie donc le champ de tous les possibles. Cette conception plus égalitaire des rapports au sein de l’entreprise devient la norme relationnelle manager – managé, et élève l’esprit d’ouverture au rang de valeur centrale.

Donner du sens à l’organisation du travail

La réussite d’un projet est étroitement liée au niveau d’implication des salariés qui y participent. Favoriser l’engagement plein et entier de chaque collaborateur est donc un enjeu majeur. Pour y parvenir, le manager doit donner à son équipe les moyens de s’approprier le projet sur lequel elle travaille. Cela suppose la mise en œuvre de trois principes fondamentaux :

1) Définir en amont les contours la mission : Avant le lancement d’un projet, le manager doit exposer clairement les étapes qui en jalonneront la réalisation. Si l’accent doit être mis sur l’objectif final, il convient également de détailler les facteurs clés de succès ou d’échec, ainsi que les attentes propres à chaque collaborateur. Plus de lisibilité et de transparence, c’est aussi plus de confiance ! Chacun doit être informé du rôle qui sera le sien dans l’accomplissement de la mission. C’est cette vision globale, définie en amont, qui permet à chaque membre de l’équipe de se sentir acteur à part entière du projet. En s’appropriant l’objectif final et les moyens d’y parvenir, le salarié devient partie prenante de la stratégie mise en place.

2) Déléguer pour mieux valoriser : Les membres d’une équipe ne peuvent se sentir dépositaires d’un projet, que si le manager consent à leur déléguer une partie de ses responsabilités. Là encore, le facteur humain est prééminent ! En consentant à se départir symboliquement de ses prérogatives, le manager exprime sa confiance à l’égard de ses collaborateurs. Le salarié qui se voit confier l’exécution d’une mission éprouve alors le sentiment gratifiant d’avoir été reconnu à sa juste valeur.

3) Reconnaître le droit à l’erreur : Libérer l’énergie créatrice dans l’entreprise suppose d’accepter les erreurs potentielles liées aux prises d’initiatives. En éloignant le spectre du jugement et des remontrances, le manager libère le potentiel de chaque salarié. L’entreprise a tout à y gagner !

S’écouter mutuellement, cela s’apprend !

L’image du cadre supérieur enfermé dans sa tour d’argent est désormais révolue. Dans l’entreprise libérée, place au management de proximité ! Le dirigeant moderne évolue au contact direct de son équipe, dont il reçoit les doléances avec bienveillance. Se côtoyer au quotidien permet de tisser des liens durables de confiance et d’estime mutuelle. Chacun se considérant comme l’égal de l’autre, les salariés sont plus facilement enclins à admettre le feedback émis par le manager. Ce compte-rendu, s’il est effectué au terme d’une mission, doit saluer le travail accompli par l’ensemble des collaborateurs. Clé de voûte de l’entreprise, la valorisation des salariés institue le cercle vertueux du renforcement positif. Distribuer les satisfecit est tout un art ! Soyez inventif et audacieux … N’hésitez pas à instaurer de petits rituels associés aux succès commerciaux de l’entreprise :  c’est une habile façon de propager les bonnes nouvelles ! Chez Michel et Augustin par exemple, on sonne une petite cloche à chaque signature de contrat. Ainsi, les salariés n’ont pas le sentiment que la direction célèbre en catimini les victoires auxquelles ils ont eux-mêmes contribué. Cette forme de célébration collective renforce indubitablement l’engagement des équipes.

Un management bienveillant, incitatif et fédérateur !

Brosser le portrait type du manager idéal suppose d’aborder l’épineuse question de l’autorité. Les méthodes de management traditionnelles concevaient une forme d’autorité arbitraire, dont le cadre supérieur était le détenteur du seul fait de son titre ou de sa fonction. Tout au contraire, le manager idéal est investi d’une autorité pleinement légitime, parce qu’elle est la conséquence directe de ses qualités humaines intrinsèques. L’influence qu’il exerce sur ses collaborateurs naît de la confiance qu’il leur inspire. Etroitement associé à son équipe à chaque étape de la réalisation d’un projet, le manager de demain s’emploie à démontrer sa créativité et sa capacité d’apprentissage en continu. En somme, il fait ses preuves, au même titre qu’il exige de ses collaborateurs qu’ils fassent les leurs ! La discipline qu’il prône est d’autant plus légitime qu’elle s’applique à lui-même. Inciter plutôt que contraindre : tel est l’art de manager sans heurter. L’équipe ne subit pas une autorité venue d’en haut dans un organigramme vertical : elle se place, de son propre gré, sous la férule d’un leader qu’elle juge légitime. Dans l’entreprise libérée, l’autorité arbitraire cède la place à l’autorité naturelle …

Conclusion : La loyauté des salariés est corrélée à l’attitude de leurs managers

Le recrutement et la formation des managers sont des enjeux majeurs du développement des entreprises, car ils conditionnent l’attachement des salariés à leur environnement professionnel. Un manager aux méthodes incisives et aux jugements lapidaires est une entrave à la fidélisation des salariés. Ceux-ci n’hésiteront pas à quitter l’entreprise, pour s’affranchir de la tutelle d’un manager exerçant une autorité castratrice. Cette fuite potentielle des personnes s’accompagne d’une déperdition des savoir-faire. Quelle entreprise pourrait se permettre un tel écueil sur le long terme ?

Cet article vous a plus ? N’hésitez pas à nous suivre ! La présente analyse sera poursuivie à travers une série d’articles, ayant pour fil conducteur l’évolution de la posture managériale. Les thèmes prochainement abordés concerneront notamment la digitalisation du management, l’intégration des méthodes agiles dans la gestion des salariés, ou encore la notion centrale de leadership appliquée au rôle du manager.

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