Comment aborder une prise de fonction ?

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Comment aborder une prise de fonction ?



Félicitations pour votre promotion ou votre nouveau job ! Mais, il se peut qu’au fond de vous, le stress vienne gâcher la fête. Pour assurer leur réussite et faire descendre la pression, de plus en plus de salariés se tournent alors vers un accompagnement du type « coaching de prise de fonction ». Effet de modes certains, ces coachings de prise de fonction prennent de plus en plus de proportion, bien encore trop souvent financé par les collaborateurs eux-mêmes.

Partage de vécus et de bonnes pratiques dans le cadre d’une prise de fonction.

Vous l’avez tant espéré pendant des mois, et maintenant vous y êtes. Vous vous êtes peut-être même battu pour ce nouveau poste. Que ce soit un nouveau job ou une promotion, vous voilà à la place que vous rêviez. Pourtant, voilà que le stress vient gâcher la fête. Nouvelles responsabilités, nouveaux objectifs (souvent plus importants), nouveaux challenges, nouveaux interlocuteurs, … Il y a de quoi être anxieux face à un nouvel environnement. Pas de panique, cette angoisse a toute ses raisons d’être. Coincé entre la fierté d’avoir de nouvelles fonctions et la crainte de ne pas y arriver, il va falloir travailler pour la dompter. D’autant plus, que votre zone de stress peut vous générer des comportements inadaptés et diminuer, voire paralyser votre potentiel.

Alors, certes, il y a des petits gestes quotidiens et des bonnes pratiques à exploiter pour faciliter la réussir : se présenter à tout le monde, repérer où est la machine à café, comprendre clairement là où on vous attend, identifier les codes de l’entreprise… Mais souvent, le stress est bien plus profond. Il ne s’agit plus alors de la simple peur de faire mauvaise impression, mais d’une crainte récurrente : “ne pas être à la hauteur”. Un ressenti souvent plus intense d’ailleurs chez les femmes que chez les hommes. Elle peut se déclencher plusieurs mois avant la prise de poste. C’est exactement ce qui s’est passé pour une de mes clientes. Cette femme, Directrice Financière, a sollicité un coach pour reprendre confiance en soi après une période d’inactivité. Elle a engagé un coaching, en amont de sa prise de poste, pour mieux négocier ses conditions de travail et prendre de l’assurance. Arriver dans de bonnes conditions et avec la bonne posture, était l’enjeu de ce travail en amont. C’est également le cas de cette autre cadre supérieure ingénieur habitué à des entreprises américaines, qui a tenu à être accompagné par un coach avant sa première embauche dans une entreprise tricolore. Il souhaitait que son intégration se passe le mieux possible et voulait veiller à ce qu’il n’y ait pas d’incompréhensions culturelles. Mais aussi éviter de remettre en place des travers de « travaillomane » qu’il avait pu connaitre auparavant.

La pression ressentie dans une prise de fonction peut aussi perdurer pendant des mois. « j’ai peur d’échouer » « j’ai peur du jugement des autres » « je ne sais pas comment mettre en place mes relations » « je ne suis pas certain d’être assez politique » « je n’ose pas m’affirmer » “Finalement, je regrette cette promotion”, « Je ne me sens pas à ma place ». Dans cette situation, l’angoisse propulse le salarié dans un entre deux inconfortables : en tant que nouvelle recrue ou nouveau manager, il n’a pas le droit à l’erreur et doit faire preuve d’assurance pour prouver qu’il mérite son nouveau poste. D’où l’importance de prendre de la hauteur rapidement, d’identifier les actions prioritaires, d’affirmer son efficacité relationnelle et de se sentir « soutenu » afin d’être serein.

Dans ce cadre, le coach n’apporte pas l’expertise technique, vous avez l’expertise technique. Il apporte le processus qui vous permet de gérer sereinement et de manière accéléré la situation : gestion du stress, gestion de la hiérarchie, compréhension des codes et postures à adopter, mapping des relations réfractaires et sponsors, identification des attentes et facteurs clés de réussite, identification des zones de risques et manières de les combler.
Qu’est-ce qui fera que vous aurez réussi dans 1 an ? Qu’est qui fera que ce sera un tremplin pour le prochain poste que vous visez ? Qu’est ce qui fera que vous n’aurez pas reproduit ce que vous ne voulez plus ?

Ce dernier point est un point essentiel que j’ai pu observer dans 1 accompagnement sur 2. Souvent les personnes quittent leur poste pour quelque chose qu’elles ne veulent plus, dans certains cas c’est directement lié à leur comportement, leur posture en entreprise. Hélas elle le remette par automatisme et de manière inconscient en place dans un nouvel environnement, générant ensuite les mêmes frustrations. Prenons l’exemple d’un de mes clients qui quitte un grand groupe américain avec la volonté de ne plus travailler 12h par jour et sous pression ? Il rejoint alors un groupe français où le rythme est plus calme, en moyenne 8h par jour, sans connexion hors du bureau, sans pression. Or, dès le 1er mois il avait de nouveau instauré son rythme précédent, générant d’ailleurs des freins dans les relations avec ses collègues (le qualifiant de rouleau compresseur).

Se ménager des temps à soi, travailler son affirmation de soi, dialoguer avec son équipe et sa hiérarchie… Les exercices et les pistes de réflexions sont nombreuses. La meilleure option pour assurer une bonne prise de fonction reste d’engager un process sur la durée. C’est pourquoi je recommande deux formules. Un programme minimal, “les basiques de la prise de poste”, déroulé sur 3 mois. Et un programme de long terme, “les accélérateurs de réussite”, sur 6 mois, qui permet de capitaliser sa réussite et de s’ancrer dans un véritable projet de carrière.

Dans le cadre d’une prise de fonction managériale, nous travaillons souvent à J-2 mois en amont. Il s’agit de comprendre son environnement, de construire son propre style de management et de savoir motiver ses équipes. L’objectif est de sécuriser la prise de poste dès les premières semaines. Il est indispensable de prendre conscience de son image et de la posture attendue, donner du sens à sa mission et donc à sa future équipe, identifier les enjeux et les conditions de travail, cerner les freins et les ressources, voire de plus en plus développer ses compétences digitales… Ce sont ces clefs qu’est venues chercher un de mes clients, Manager dans un grand groupe financier. Les entretiens et les exercices ciblés lui ont permis de s’imposer, s’intégrer et “surtout d’être accepté dans une équipe qui était déjà très soudée.” Il a pu prendre du recul et s’organiser pour éviter de s’éparpiller lors de sa prise de fonction. J’ai presque envie de lui laisser le mot de la fin : “ Si j’en suis là aujourd’hui, serein et perçu comme performant, c’est intimement lié aux séances de coaching.”

Malheureusement, le stress et les pièges de la prise de fonction est un phénomène sous-estimé par les entreprises. Il est impératif de bien intégrer un nouvel élément, et pas seulement le premier jour. En effet, la période d’intégration d’un salarié dure au moins 3 à 6 mois. Notez que les bénéfices d’une intégration réussie sont énormes pour l’entreprise : permettre au nouveau collaborateur de réaliser des performances plus rapidement, le motiver à s’impliquer pour la boîte et limiter les risques de santé. Depuis quand l’entreprise ne veut pas maximiser l’engagement, la motivation et la performance de ces recrues ?

Nelly Dubout, Co-dirigeante BIRDS Conseil.

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