Malaise au travail ? Partie 2 : Recommandations pour assainir ses relations professionnelles

Post image

Malaise au travail ? Partie 2 : Recommandations pour assainir ses relations professionnelles


Petit manuel de savoir-vivre au travail pour passer de l’horreur au bonheur.

Personne-recroquevillée-océan

Chaque expérience que nous vivons peut nous en apprendre un peu plus sur nous-mêmes, sur la place de cette expérience dans notre vie, sur les raisons de nos réactions, sur notre part de responsabilité… Gardez ça à l’esprit. Ainsi, petit à petit, nous pourrons mieux accepter et traiter les situations délicates. Alors comment assainir ses relations, et soigner sa santé ? Comment se débarrasser des relations toxiques qui polluent les performances de l’entreprise ? Ma première recommandation sera de vous rapprocher d’un coach pour prendre de la hauteur, gérer la situation, ne pas subir et agir…

La seconde est de lire les recommandations ci-dessous, pour avoir un premier niveau de compréhension. La bonne nouvelle pour vous : il existe des tas d’outils pour améliorer ou mieux vivre une relation difficile.

Recommandation 1 : Diagnostiquez.

Montez dans un hélicoptère, prenez de la hauteur.

Le premier niveau de prise de distance face à des relations douloureuses passe par le diagnostic. Prenez de la hauteur et visualisez la situation d’en haut.

En auto-coaching, posez-vous les questions suivantes :

Qu’est-ce que je vois ? Restez factuels. Quel a été le déclencheur de cette situation ? Qui sont les acteurs ? Quels sont vos objectifs et leurs objectifs ?

Qu’est-ce que je ressens ? Qu’est-ce que ça génère en moi ?

Qu’est-ce que je ferais si j’avais une baguette magique ?

Comment imaginez-vous le rétablissement de cette situation pour retrouver des relations apaisées, garantes du bonheur professionnel ?

Recommandation 2 : Repérez votre rôle.

Evitez les jeux de manipulation et sortez des jeux de pouvoir

Je compare souvent l’entreprise à la Comedia Del Arte ! Comme au théâtre, chaque employé est un protagoniste qui endosse un rôle. Mais les employés les plus fragiles, ceux qui manquent d’estime ou de confiance en eux, risquent de se réfugier inconsciemment dans des rôles prédéfinis et dangereux. Ce rôle peut rapidement nous enfermer dans un jeu insidieux et vicieux de pouvoir, de séduction, d’humiliation ou de manipulation qui s’infiltre sournoisement dans les rapports de hiérarchie. Pour parvenir à sortir de cette impasse, il faut apprendre à repérer le rôle que nous jouons. Vous saurez aussi dorénavant éviter les jeux de manipulation en analysant le fonctionnement de vos interlocuteurs.

Le modèle du triangle dramatique fondé par le psychologue Stephen Karpman dans les années 1960 permet d’identifier trois postures différentes que nous partageons et que nous revêtons tout à tour, parfois dans la même conversation. Quel personnage jouez-vous ? Comment sortir de votre rôle ? Comment casser le triangle ?

Êtes-vous un sauveur ?

Son leitmotiv ? Prendre soin de ses collègues, voire trop.

Qui est-il ? Il est plein de bonnes intentions et le premier à rendre service. Il a de grandes facultés d’empathie. Il est agréable mais peut vite être infantilisant, envahissant ou intrusif.

Le sauveur ne supporte pas le malheur des autres : il se sent obligé de prendre soin de ses collègues, parfois au détriment se son propre bien-être. A force d’être intrusif, ses collègues peuvent le mettre de côté.

Une fois exclu, le sauveur peut devenir un persécuteur ou une victime.

Vous êtes un sauveur : que faire ? Pensez à vous au lieu de surprotéger les autres.

Vos collègues n’ont pas systématiquement besoin d’aide : attendez que quelqu’un vous sollicite clairement. Vos collègues n’ont pas à se sentir redevables constamment.

Votre bienveillance ne doit pas vous desservir : assurez-vous d’avoir le temps et surtout les capacités d’aider votre collègue en difficulté. Votre empathie ne doit pas vous mener au surmenage.

Êtes-vous un persécuteur ?

Son leitmotiv ? Dominer.

Qui est-il ? Il dirige, pose ses conditions et ne laisse pas le droit à l’erreur. Un dossier commandé mal ficelé ? Des critiques sur son travail ? Il est du genre à s’emporter : de la crise de nerf jusqu’aux insultes, humiliations ou tentatives de manipulation.

Le persécuteur manque de confiance en lui : pour compenser, il détruit celle des autres. Contrairement à l’image qu’il veut donner, il craint les relations humaines.

Le rôle de persécuteur est facilement joué par des victimes ou sauveurs frustrés et déçus. C’est souvent un sauveur déçu qui, ne sachant plus comment s’y prendre, emploie la manière forte, ou une victime qui a décidé de se protéger

Vous êtes un persécuteur. Que faire ? Vos collègues ne sont pas systématiquement les coupables : posez-vous les bonnes questions.

Le rapport que vous avez demandé est hors sujet ? Les consignes que vous avez donné n’étaient peut-être pas claires.

Votre présentation ne correspond pas aux attentes de votre équipe ? Essayez d’accepter la contradiction, c’est plus supportable que vous ne le pensez.

Vous rejetez systématiquement toutes les propositions de vos collègues ? Imaginez-vous à leur place : apprécieriez-vous ne jamais être entendu ? Restez à l’écoute. Vous avez beau être très talentueux, il peut arriver que vos collègues le soient aussi !

Ne restez pas dans l’allusion et formulez des demandes claires. Assurez-vous d’être compris et montrez que vous êtes ouverts aux questions. Sachez communiquez calmement. Attention : les critiques ne doivent pas être bannies, bien au contraire ; elles sont essentielles. Sachez être respectueux et constructif.

Retroussez vos manches et attaquez-vous aux racines du problème : travailler sur votre propre confiance et re-considérer les autres. Vos collègues n’ont ni à se sentir attaquées ni à être les victimes collatérales de vos problèmes individuels.

Êtes-vous une victime ?

Son leitmotiv ? Être à l’écoute et ne brusquer personne.

Qui est-elle ? Elle est plaintive : ce n’est jamais de sa faute. Elle se sent agressée et impuissante devant la fatalité. Elle ne veut pas brusquer, s’efface, suit les décisions sans jamais opposer de critiques. La victime se laisse diriger : il ne se remet jamais en question et offre sa confiance aveugle à ses collègues, souvent à son désavantage.

Vous êtes une victime. Que faire ? Respirez un grand coup, oui vous avez aussi des qualités. Non, les autres ne vous veulent pas nécessairement du mal. Comme on ne lutte pas contre la lumière, on ne lutte pas contre sa timidité. Mais on travaille sa confiance en soi. Si vous ne croyez pas en vous, personne ne le fera à votre place. Vous n’avez pas besoin de déborder de servilité pour compenser les talents que vous pensez ne pas avoir. Soyez claire, aimable et formulez calmement ce que vous voulez.

Repérez les expressions de plainte dans votre discours ou celles qui encouragent la domination : « ça me fait plaisir, je n’ai que ça à faire », « au contraire, j’aime aider », ça tombe bien, j’adore relire tes dossiers ».

Définissez vos limites : la sensibilité est votre radar. Au moment où une demande vous gène au fond de vous, vous met mal à l’aise et ce même si vous avez les moyens matériels de l’exécuter, vous pouvez dire non, vous savez ?

Votre collège Josepha vous demande de relire son dossier tard le soir pour la troisième fois de la semaine ? Elle est sympa Josepha, elle est vachement plus canon que vous alors elle en jette. Mais ça vous ennuie : ce soir c’était ciné. Ce soir ce sera ciné et gentiment dites à Josepha que ce soir vraiment vous ne pouvez pas.

Recommandation 3 : Changez de registre.

La bienveillance appelle la bienveillance.

Plus vous serez bienveillant plus les autres le seront avec vous. Néanmoins, avec ce que j’observe de l’entreprise, rien n’est gagné. Et pourtant, il y a beaucoup à jouer. Alors pour ceux qui l’auraient oublié, voilà la définition de la bienveillance selon le dictionnaire du CNRS : « 1) la bienveillance est une vertu ou un comportement général. Disposition généreuse à l’égard de l’humanité (Bienveillance universelle). Qualité d’une volonté qui vise le bien et le bonheur d’autrui. (Bienveillance mutuelle). 2) La bienveillance est une attitude concrète dans les relations d’une personne avec une autre qu’elle peut favoriser ou ne pas favoriser. Disposition particulièrement favorable à l’égard de quelqu’un ». Oui, la bienveillance a sa place dans l’entreprise : la confiance, la réciprocité, la bienveillance sont nettement plus efficaces que la compétition, qui encourage la suspicion et les regards en coin.

Le saviez-vous ? Un comportement si anodin peut réellement booster votre entreprise. Une ambiance délétère fusille la dynamique de groupe, la confiance en soi, le travail… et donc les résultats de l’entreprise. Quasiment un salarié sur deux estime que sa performance au travail est dégradée par son manque de bien-être. Alors ne nous laissons pas aller : il est plus que nécessaire de pouvoir travailler dans un environnement où les relations sont plus saines, à la fois pour soi et pour l’entreprise. Certaines l’ont bien compris. C’est le cas de la banque collaborative Payname, start-up toulousaine, qui recrutait l’année dernière une « happiness officer ». « Dans l’entreprise, nous avons tous besoin de nous faire mutuellement confiance pour avancer et cela passe par de la sociabilisation, de la convivialité et de la décontraction », déclarait Eric Charpentier, le fondateur, à La Dépêche en février. Vous avez dit visionnaire ?

Un collègue vous horripile ? Vous avez une impression désagréable mais vous ressentez aussi cette émotion physiquement, elle se réalise. Il en va de même ici. Utilisez l’extraordinaire pouvoir d’imagination du cerveau : rien ne sert de vivre réellement une situation pour la ressentir alors pensez bien-vei-llance. Sachez-vous forcer à voir le positif, pensez à un souvenir réjouissant, fredonnez une musique entrainante et ressentez des émotions positives. La bienveillance nait en se forçant à l’être, ensuite ça vient tout seul.

A l’inverse, n’utilisez pas le pouvoir de votre cerveau pour ressasser vos griefs, vos peines de la journée. Cela ne servira qu’à vous angoisser et à vous peindre la réalité en noir ébène.

La liste pourrait continuer à l’infini. Vos relations ne sont pas néfastes par nature, elles dépendent de ce que vous en faîtes. Merci sincèrement de votre lecture, vous méritez de vous reposer. Passez une belle journée et rappellez vous que vous avez le pouvoir d’avoir les relations professionnelles que vous souhaitez.

Vous souhaitez recevoir des informations sur nos évènements & actualités ? C’est par ici !


En savoir plus