Malaise au travail ? Partie 1 : Relations Professionnelles, de l’horreur au bonheur

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Malaise au travail ? Partie 1 : Relations Professionnelles, de l’horreur au bonheur


Pour le meilleur et – trop souvent – pour le pire. Les relations pro, si elles peuvent donner naissance à de belles amitiés, restent extrêmement fragiles. Des relations entre collègues ou hiérarchies qui laissent à désirer, quand elles ne sont pas franchement toxiques : je ne compte plus le nombre de fois que j’ai entendu ce scénario au cours de mes consultations. Pourtant, ces liens sont, bien plus qu’on ne le croit, la clef du bien-être. Ces relations nécessaires peuvent même se révéler agréables à vivre.

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A l’origine, il y a un (triste) constat : bon nombre de salariés se plaignent de relations de travail de plus en plus en plus dégradées entre collègues ou hiérarchies au cours de mes consultations. « Je n’ai aucun temps de partage avec mes collègues, pour déjeuner ou prendre un café »« Mes collègues ne me demandent même pas comment je vais »« Nous ne sommes pas une équipe mais des individus qui travaillent ensemble »« Mon boss me hurle dessus », « Mon équipe est corvéable à merci et j’aime ça », « J’arrive le matin dans l’open space, j’identifie déjà si la journée va être tendue ou pas à l’allure de mes collaborateurs », « J’ai l’impression d’être une boîte e-mail sans interaction humaine »

 

Le malaise est de taille. Selon une enquête IPSOS de septembre 2015, la quasi-totalité des salariés interrogés sont en manque d’affection professionnelle. 75% des salariés aimeraient partager un café ou un banal « comment ça va ? » avec leurs collègues. Encore plus frappant, plus de 90% aimeraient simplement un sourire, un bonjour ou un au revoir de leur part. De la sympathie en somme. C’est dire l’état du chantier ! Plus qu’un constat, c’est une véritable pathologie, voire une épidémie qui gangrène l’entreprise.

 

Ne tombez pas, vous aussi, dans cette spirale infernale mais gardez plutôt en tête les conclusions de Robert Waldinger, psychiatre à l’hôpital de Boston : le bonheur, c’est les autres. Rassurante conclusion n’est-ce pas? Les autres ne sont pas la source de vos soucis, mais la clef de votre bonheur. Le docteur a mené une étude sans précédent pour répondre à une question ancestrale : qu’est-ce qui nous maintient heureux et en bonne santé tout au long de la vie ? Pour y répondre, ses équipes suivent une centaine d’américains depuis 75 ans. Du jamais vu. Depuis 1938, ils étudient leur santé physique, mentale et leur bien-être au jour le jour. Ils les accompagnent au fil de leurs aléas sentimentaux et professionnels. Jusqu’au bout de leur vie, pour certains. Devant toutes ces données, le constat saute aux yeux : pas de bonheur sans relations humaines de qualité. “De bonnes relations humaines nous rendent plus heureux et en meilleure santé”. Alzheimer, cholestérol, dépression … Les relations humaines sont un puissant remède contre les soucis de santé.

 

Le bonheur n’est pas lié à la célébrité, à la richesse ou au travail acharné, selon le professeur. Il n’y a pas de bonheur sans relations de qualité, explique-t-il. En attendant, en France, plus de 20% des salariés sont victimes de comportements hostiles de la part de collègues. « Pourquoi cette évidence est si dure à intégrer et si facile à oublier ? », la question posée par Robert Waldinger reste en suspens surtout lorsque l’on sait que deux salariés sur dix sont victimes de comportements dégradants, de déni de reconnaissance, ou de comportements méprisants. En 2010, 11,9 % de salariés interrogés par le ministère du travail déclaraient être ignorés par leurs collègues de bureaux, qui font « comme s’ils n’étaient pas là ».

 

Dans le brouhaha du stress permanent, tout ne tient qu’à un fil. Un trait de personnalité mal perçu, des comportements qui heurtent nos valeurs, une communication boiteuse : une relation cordiale peut vite basculer vers le rapport de force, un conflit ouvert ou larvé, un jeu dangereux de pouvoir souvent pervers. Résultat : des confrontations verbalement violentes, de la rancœur accumulée, de la colère, et nous voilà plongés dans un cercle vicieux sans fin si nous n’y faisons rien.

 

Une simple mésentente ou antipathie peut se payer très cher. Un des plus gros facteurs de troubles psychosociaux reconnues par la médecine du travail. À la clef : épuisement, angoisse, dépression, voir même problèmes de santé physique (tension artérielle, manque de sommeil, problèmes digestifs, mal de dos). Des conséquences terribles qui sont bien plus graves que l’on ne pense. Selon le psychiatre Patrick Légeron spécialiste du stress au travail, « trois millions de Français souffrent de dépression, soit 5 à 6% de la population, et une centaine de cas seulement ont été reconnus d’origine professionnelle en 2014 », (Le stress au travail, 2015). Le burn-out, ou surmenage, est d’ailleurs en passe d’être reconnu comme maladie professionnelle concerne 25% à 30% des salariés. Le phénomène inverse d’ennui au travail, le bore-out, touche un tiers des salariés.

 

Toutefois, n’oublions pas que beaucoup de belles amitiés – et parfois plus si affinités – naissent au boulot. Le travail est une source d’épanouissement et de réalisation inégalable pour se sentir utile, respecté et reconnu. Gâcher ses relations professionnelles est une grave erreur à la fois pour son bien-être, pour sa santé, et pour l’entreprise.

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