Le rôle de la connaissance de soi dans la performance en entreprise

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Le rôle de la connaissance de soi dans la performance en entreprise


Les postes de dirigeants suscitent des convoitises et beaucoup de fantasmes. Mais derrière les salaires attractifs et l’ivresse du pouvoir, les obstacles psychologiques ne sont pas rares. Ils ne sont toutefois pas insurmontables : travailler dessus permettra de les atténuer.

Qu’est-ce que la solitude du dirigeant ?

Perchés en haut de l’organigramme, les dirigeants d’entreprises peuvent se sentir isolés ou avoir le vertige. Dans notre métier, nous appelons cela la “solitude du dirigeant” ou la “tour d’ivoire” du dirigeant.

Être au sommet de la hiérarchie, c’est prendre des décisions lourdes, souvent seul, jouer avec des informations confidentielles et sensibles, être responsable légal et financier, porter la viabilité économique d’une entreprise. Pour faire face à cette décharge de stress et à leurs doutes, les dirigeants ne disposent malheureusement pas toujours du soutien nécessaire. D’où ce sentiment d’enfermement et d’isolement : ils se sentent seuls, voire incompris dans leur responsabilité.

Selon une étude de 2013 de l’observatoire Amarok spécialisé sur les PME, 10 % des dirigeants d’entreprises interrogés seraient proches du burn-out. Une des catégories les plus exposées parmi les actifs.

Pourquoi les dirigeants sont davantage touchés que les autres ?

La configuration de ce poste est unique dans l’entreprise. Par définition, personne d’autre au sein de l’entreprise ou du service ne dispose d’autant de responsabilités qu’eux. Impossible, donc, d’échanger avec un homologue ou un collègue dans la même situation.

Les dirigeants s’imposent souvent une loi du silence qui n’arrange pas les choses. Pour garder la face, ils confient rarement leurs difficultés à leurs adjoints ou à leur numéro 2. Ils n’osent pas faire tomber le masque de l’homme fort et puissant en demandant du soutien. Confier leurs doutes et leurs angoisses à leur collaborateur direct ou indirect diminuerait selon eux leur image et leur autorité. Au-delà des enjeux de pouvoir, cette méfiance est souvent justifiée : les intérêts d’un collaborateur ou d’un adjoint sont fondamentalement différents des intérêts professionnels et personnels du dirigeant.

Les amis ou la famille ne formulent pas toujours les conseils les plus objectifs. Trop de complaisance ou pas assez de recul, nous disent-ils. Ils sont réconfortants dans l’instant, certes, mais ils ne permettent pas de dépasser un obstacle sur le long terme.

Comment briser la solitude ?

Le malaise peut altérer l’équilibre et la prise de décision du dirigeant, et donc le bien-être de l’entreprise. D’où l’importance de sortir de l’impasse.

Avant tout, le plus important est de ne pas transformer la solitude psychologique en isolement physique. Plusieurs méthodes existent, plus ou moins frontales, pour y arriver : se préserver des pauses avec ses proches, se focaliser sur le sport en parallèle du travail, ou faire face pleinement à ses blocages.

  • Échanger avec des dirigeants dans la même situation

Qui de mieux qu’un autre dirigeant pour comprendre la situation d’un dirigeant ? Échanger avec un homologue qui a vécu la même situation, les mêmes interrogations, les mêmes craintes et les mêmes doutes peut aider à se débarrasser du malaise. De nombreux clubs ou des groupes de dirigeants – appelés groupes de pairs – existent à tous les niveaux et dans tous les secteurs.

Le plus important est de se confronter aux autres : participer à des colloques, des conférences, des conventions permet de glaner quelques conseils pour mieux vivre son expérience de dirigeant.

  • Admettre sa vulnérabilité

Communiquer sur ses difficultés. Cette solution est sans aucun doute la plus difficile à adopter, mais elle peut permettre de sortir de l’engrenage pernicieux. Vous avez le pouvoir de prouver qu’un dirigeant n’est pas un être humain infaillible.

Si admettre sa vulnérabilité peut être efficace, c’est encore un énorme tabou : la plupart des dirigeants que j’ai contactés veulent encore rester dans l’anonymat, même quand ils ont réussi à vaincre leurs problèmes.

  • Suivre un accompagnement personnalisé

“Les conseils de mes associés n’étaient pas constructifs, j’ai donc dû trouver une solution par moi-même,” constate aujourd’hui Mehdi, un dirigeant d’entreprise passé par ce sentiment de solitude qui s’est rapidement tourné vers un cabinet de coaching.

Comme beaucoup, il a été séduit par cette solution qui ne compromet pas ses relations professionnelles. “Les relations hiérarchiques sont difficiles à gérer, c’est donc positif d’avoir un point de vue déconnecté de la vie de l’entreprise”, confie-t-il après coup. Suivre un accompagnement permet aussi de discuter librement de ses faiblesses sans enjeux de pouvoir, de postures ou de stratégies. Une discussion qui se révèlerait nettement plus difficile avec un collègue, un proche, ou un homologue pour certains.

À chacun sa solution selon son tempérament et ses capacités émotionnelles. Tout en gardant en tête que santé et bien-être sont des limites tout à fait raisonnables dans son travail.

Ils en parlent…

(Personnes accompagnées par un Coach de notre Cabinet) 

Eric, 52 ans – Dirigeant associé d’une société de 750 salariés dans l’agroalimentaire :

« Je n’étais pas du style à faire appel à une personne pour m’aider. Je me suis rapidement rendu compte que, comme un sportif avec son entraîneur, un chef d’entreprise devait avoir une personne externe à ses côtés pour lui apporter un soutien psychologique, un regard, une vision plus globale avec des champs des possibles. »

Yves, 30 ans – Chef d’entreprise d’une société de 40 personnes dans le digital :

« La taille critique de ma société a été rapidement atteinte. Je me suis retrouvé avec un associé inactif, générant une relation conflictuelle et donc une négociation de sa sortie ; ainsi qu’une équipe de consultants et développeurs pratiquement tous en reporting direct. Je me suis vu à la limite du burn out et sans possibilité d’en parler. Mon image de dirigeant ne pouvait être que celle d’un homme fort. Je me suis fait accompagner pendant 18 mois. Sans mon coach, je n’aurais certainement pas pu passer ces étapes complexes et douloureuses. »

Eveline, 41 ans – Chef d’entreprise d’une société de 4 personnes :

« Après 5 ans, j’ai voulu donner un nouveau souffle à ma société et ma vie d’entrepreneur. Je ne voulais pas stagner. J’ai entamé un travail avec un coach, mensuel puis hebdomadaire, car j’ai eu à gérer un départ difficile avec une de mes salariés. »

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